Atelier de
Vitrail
  Isabelle Baudoin

Bienvenue sur le site

Actualités

Cette rubrique n’est pas destinée à lister les travaux en cours mais à choisir dans ces derniers d’éclairer un ou plusieurs sujets susceptibles d’intéresser l’internaute curieux du vitrail. Nous y aborderons aussi, selon l’actualité, les questions professionnelles ou de formation et mentionnerons certains évènements, pour leur importance…mais aussi pour le plaisir…

   

Marie-Françoise Dromigny et Alain Creunier, professeurs à l’ENSAAMA ( Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art ) ont organisé du 5 au 12 Avril 2013 une rétrospective émouvante ( 1970 – 2013 ) des travaux des élèves et stagiaires de l’école accompagnée d’un hommage à René Giroux

Voici le texte transmis par Alain et Marie-Françoise au sujet de cet évènement :











UN RÉSUMÉ DE LA RÉTROSPECTIVE DE L'ATELIER DE VITRAIL ET DE SON INSTALLATION

Cette exposition a permis à l’école de participer aux Journées Européennes des Métiers d’Art pour la troisième fois, après l’atelier « Laque » il y a deux ans, et l’atelier « Métal » l’an dernier.

C’était donc au tour de l’atelier « Vitrail » de présenter le travail d’anciens étudiants, afin de respecter l’alternance : atelier surface, atelier volume.

La difficulté venait de plusieurs facteurs : l'absence d'adresse de nombreux anciens élèves, la fragilité du matériau, l'impossibilité de récolter des vitraux à travers tout le pays (et au delà) et l'envie de montrer les vitraux dans le contexte architectural pour lequel ils ont été conçus…

Nous avons eu l'idée de faire la rétrospective de l’atelier de vitrail depuis l’installation de l’école rue Olivier de Serres, et de rendre en même temps hommage à René Giroux, qui a enseigné pendant 40 ans dans cet atelier de 1945 à 1985, en baptisant l’atelier à son nom et en apposant deux plaques à l’entrée.

Les verriers qui le souhaitaient ont pu exposer des vitraux, des dessins ou des sculptures en se chargeant du transport de leurs pièces et nous avons organisé un diaporama géant, soit plus de 1700 photos qui étaient présentées dans la salle d’exposition sur trois écrans de télévision, en diaporama continu. Les listes de photos que vous avez corrigées et complétées étaient présentées dans des classeurs et pouvaient être consultées à tout moment par les visiteurs.     

Un dernier écran relié à Internet permettait d’accéder aux sites ou présentait un diaporama des diplômes des 12 dernières années (1500 autres photos).

Dans le hall, le film de Charlène Giroux et celui de 1962 sur la réalisation d’un vitrail tournaient en boucle, et des kakemonos montraient des photos de René Giroux et d’autres plus récentes de chantiers de l’atelier.

Un kakemono suspendu dans la salle d’exposition réunissait tous les noms (ou presque) des étudiants et stagiaires passés par l’atelier depuis 1969.

Nous avons pu occuper la grande salle d’exposition créée à la fin des 5 années de travaux, sous l’atelier de vitrail. Alain a conçu un système d’accrochage particulièrement malin et efficace afin de s’adapter aux possibilités du lieu et d’accrocher les vitraux devant la lumière naturelle.

D’autres vitraux plus petits ont été placés sur les chevalets diffusants avec un éclairage électrique. Trois très grandes pièces ont été placées dans le hall. Une dernière série, trop grande pour les chevalets, sans encadrement et demandant un éclairage naturel, a été présentée sur la verrière de l’atelier au premier étage.

Les petites pièces nécessitant de la lumière naturelle ont été placées sur socles, entre des grands panneaux de bois où ont été accrochés tous les documents sur papier ou toile. Nous avons utilisé les quelques cimaises présentes dans la salle pour accrocher des tableaux, et les bijoux, pièces soufflées et livres ont été placés à l’abri dans les vitrines. Une grande table en bois permettait de présenter les petites pièces éclairées artificiellement à bonne hauteur.

Isabelle Emmerique, professeur de laque, nous a fait remarquer que nous avions construit notre exposition comme une église…

L’exposition a été ouverte du vendredi 5 au vendredi 12 avril, tous les jours de 9h00 à 17H00 minimum, même le week-end. Nous avons pique-niqué dans l’atelier le samedi, journée plutôt fraîche, et dehors au soleil le dimanche.

Nous avons eu une pensée pour les absents qui n’ont pas pu venir à cause de la distance ou qui sont pris dans leur atelier pour ces journées des Métiers d’Art.Nous avons eu une pensée émue pour ceux qui nous ont quittés : Guy Méliava, Fabien Schultz, Didier Alliou, Philippe Loup, Marc Pichard, Sylvain del Maestro, Norio Shimizu et Kikuchi Kenichi.

 

Nous avions prévu d’appeler René Giroux, à Oléron pendant le vernissage. Philippe Giroux, le fils de René Giroux, avait apporté une « pieuvre » afin de parler à plusieurs au téléphone avec lui, mais le bruit ambiant a compliqué la transmission et  finalement les conversations ont été réalisées avec un téléphone portable.Ceux qui le souhaitaient et qui ne se sont pas précipités sur le buffet ont pu échanger quelques mots avec lui.

Un petit mot en passant et un salut amical à Philippe Andrieux, Président de la Chambre Syndicale Nationale du Vitrail, qui s’inquiétait il y a peu de ce que devenaient nos étudiants et tout particulièrement ceux des 10 dernières années : si nous avons eu un seul cas de chômage en 10 ans,  tous sont restés dans la branche artistique et 90 % travaillent dans le vitrail, soit comme salariés, soit en ayant fondé leur propre atelier, et ce constat est, naturellement, un objet de fierté !

Cette rétrospective a été l'occasion de rencontres, de retrouvailles, de discussions animées, où l'on pouvait sentir une véritable écoute entre les générations.

L'œuvre entreprise par cette école se poursuit, puisse le bon esprit inspiré par nos maîtres, fait d'objectivité, de désintéressement et de générosité, se prolonger longtemps.

Merci à tous ceux qui ont participé, organisé et mis en place cette belle rétrospective.

Alain Creunier
Marie-Françoise Dromigny

 

Marie-Françoise a également transmis cette page de journal de 1941 sur laquelle on voit M. Giroux initié à la coupe du verre par M. Fresle :

Le lien pour accéder aux photos de la rétrospective

Emma Groult, étudiante en cinquième année du Master de Conservation-Restauration des Biens Culturels du Master Paris I Panthéon-Sorbonne, a présenté brillamment le 25 Juin 2013 sa soutenance sur le sujet suivant : «  Caractérisation des verres imprimés employés en vitrail entre 1880 et 1940 : problématique d’une conservation-restauration» .

Stagiaire dans l’atelier de Delphine Geronazzo ainsi qu’au LRMH durant  sa dernière année de formation, Emma a réalisé un travail touchant à l’histoire de l’art, à l’histoire des technologies verrières autant qu’à la conservation-restauration du patrimoine vitré encore méconnu de cette époque. La dépose deux médaillons de Gruber, conservés à l’église Saint-Christophe-de –Javel  à Paris (dans le cadre des travaux du marché d’entretien de La Ville de Paris  titulaires 2010/2013 : I. Baudoin/D. Geronazzo ) lui a permis d’aborder des problématiques spécifiques, comme celles de la conservation des précieuses résilles de plombs ornementales de Gruber.

Les éditions «  La Nuée Bleue » ont fait paraître en Avril 2013 un ouvrage collectif magnifique sur la cathédrale de Chartres intitulé «  Chartres, la grâce d’une cathédrale ».

Ce fut l’occasion d’une intéressante conversation entre Michel Petit, Bernard Reumaux, Jean-François Lagier et moi-même portant sur la restauration des vitraux. Les propos de cet entretien ont été mis en forme et publiés par Bernad Reumaux dans l’ouvrage.

I.B

Le sauvetage des vitraux de la chapelle Saint – Victor. Prieuré de Bray-sur-Aunette.
Commune de Rully ( 60 )
Propriété de Monsieur et Madame SIROT
Chantier mené sous la direction du cabinet des Architectes du Patrimoine Thomas Gaudig, Perrine Leclerc et Guillaume Moine .





La restauration de la chapelle saint- Victor du prieuré de Bray-sur-Aunette, datée du XIIème siècle, a constitué le cadre d’une opération atypique dans le domaine de la conservation-restauration des vitraux, celui du dégagement des vestiges de vitraux emmurés lors du bouchage des verrières au XIXème siècle.

Alors que tout laissait croire que le décor vitré de la chapelle serait irrécupérable, il a été possible de dégager et de sécuriser un certain nombre de verres mais aussi de panneaux encore en plombs, ou d’éléments de serrurerie.

Les observations en atelier ayant confirmé l’authenticité des verres et peintures du XIIIème siècle et permis d’identifier certains motifs décoratifs, une première phase de restauration a été menée sur quatre vitraux afin de rendre compte de la nature  des œuvres mais aussi de la qualité de la lumière colorée originale baignant l’édifice, lumière que nous avons la chance de pouvoir apprécier et imaginer à échelle monumentale grâce à la conservation de certains vestiges à peine corrodés.

Au-delà de l’intérêt propre à la connaissance du décor du prieuré, ce chantier permet d’ouvrir la voie à des investigations similaires sur d’autres édifices.

En effet, nombreuses sont les baies qui, obstruées au fil du temps, n’ont jamais fait l’objet d’aucun sondage. L’expérience de Bray nous invite à réfléchir à l’établissement d’une méthodologie propre à cette problématique. La faisabilité de la restauration après le dégagement est également encourageante puisqu’elle va permettre aujourd’hui de valoriser ces découvertes et  de présenter au public des éléments du précieux et fragile «  patrimoine de lumière » de la chapelle.
 

Proposition de restitution actuellement à l’étude :